Les Jeux de Bretagne : un rassemblement populaire

Du 1er au 10 juillet prochain se tiendra à Nantes la première édition des Jeux de Bretagne. Florian Le Teuff, cofondateur de cet événement et délégué aux enjeux bretons à la ville de Nantes, a bien voulu nous répondre.

Les Jeux de Bretagne : un rassemblement populaire

Comment vous est venue l'idée de créer les Jeux de Bretagne ?

Cela s'est passé de manière assez improvisée, lors d'une discussion avec Thomas Robic (cofondateur des Jeux de Bretagne) pendant le confinement de mars 2021, au pied du Château-des-Ducs de Bretagne. L'idée a émergé d'organiser une grande fête populaire rassemblant les Bretons des cinq départements, autour de la thématique du sport. Nous sommes deux têtus, et il ne s'agissait pas seulement d'une idée en l'air. Depuis, un comité d'organisation a été créé, présidé par Thomas Robic, et composé de membres des cinq départements bretons. On travaille dessus en croyant dur comme fer à l'idée que cette fête populaire sera une belle réussite, et que ça restera dans les annales.

La Bretagne est une place forte du sport en France, pourquoi est-ce important selon vous de créer ces Jeux de Bretagne ? Quel est l'objectif de ces Jeux ?

Il y avait peut-être un manque à ce niveau, un événement comme celui-ci qui rassemble les Bretons des cinqs départements pour une grande fête, dans un esprit de convivialité, de rire, de partage. Dans l'esprit, on s'est beaucoup inspiré du Festival Interceltique de Lorient. Une fête placée sous le signe de la culture, qui rassemble les pays interceltiques pendant dix jours en août. On s'en inspire puisque ce projet se tient également sur dix jours, mais en juillet et sous le signe du sport, même s'il y aura une dimension culturelle. En Bretagne, il y a ce goût du sport, et du sport populaire qui est très fort, donc c'était peut être un manque effectivement qu'on va pouvoir combler. Tous les amoureux de la Bretagne sont conviés. L'idée est de partager un moment de fête, d'ouverture.

C'est un désir pour vous de rassembler la Bretagne historique ?

Oui je pense qu'il y a du sens, on voit bien qu'il y a une attente depuis que le projet est lancé. Ce projet fédère énormément de monde, que ce soit à Nantes ou dans le reste de la Bretagne. Pour tout le monde, un tel événement semble être une évidence et beaucoup de monde nous demande : « Pourquoi un tel événement n'existait pas avant ? » C'est vrai qu'on peut se poser la question. Quand on voit l'engouement que ça suscite, les Jeux de Bretagne s'imposent comme une évidence.

Pourquoi réaliser ces Jeux à Nantes pour la première édition ?

Est-ce si incongru d'organiser les Jeux de Bretagne à Nantes ? Cité des Ducs de Bretagne. Il ne s'agit pas de se baser sur des frontières administratives, dessinées de manière arbitraire il y a quelques décennies, mais de se baser au contraire sur le sentiment d'appartenance des gens, et Nantes est évidemment une terre bretonne. D'autant plus qu'on avait peut-être perdu l'habitude, à Nantes, d'organiser de grandes fêtes bretonnes, et les Bretons des quatre autres départements ont également perdu l'habitude de venir à Nantes. Il y avait auparavant des grandes fêtes populaires et gratuites, à Nantes, qui rassemblaient énormément de monde, comme le carnaval en grande fête historique, ou les spectacles du Royale Deluxe

Quelles sont vos attentes concernant cette première édition ?

Le projet répond à une demande de la population nantaise. Il y a une attente de rassembler toutes les catégories sociales, toutes les générations lors d'un événement gratuit. Même ailleurs, on sait qu'il y a beaucoup de Bretons, issus des quatre autres départements qui vont se déplacer soit pour participer aux compétitions sportives, soit pour faire la fête, soit les deux, et c'est une grande satisfaction pour nous. On a envie de tous se rassembler. On espère un échange de bons moments.

Les Jeux de Bretagne c'est aussi du graff, un concours de bière artisanale, ou encore des concerts dans les lieux de convivialité. Est-ce important de ne pas se limiter à la compétition sportive ?

Il y a la volonté d'aller là où on ne nous attend pas, de proposer des choses à toutes les générations. L'ossature du projet c'est le sport, mais ce n'est finalement qu'un prétexte pour passer dix jours de fête, de convivialité. Il y aura effectivement de quoi contenter tout le monde, et actuellement on rêve tous de ça.

Concernant l'organisation, vous souhaitez faire participer toute la Bretagne ?

Oui, le cœur de la fête sera à Nantes pendant dix jours. Mais pour autant, on souhaite aussi impliquer les autres territoires bretons, il y aura donc des villes concernées dans chacun des départements pour accueillir des sélections de palet breton, de boule bretonne, de sports athlétiques bretons. On peut citer Pontivy, Pont-Aven, Redon, ou encore Saint-Brieuc comme villes concernées.

Comment se déroulent ces inscriptions ?

Le site internet des Jeux de Bretagne va prochainement être lancé, on a pour l'instant une version provisoire. C'est par ce biais que les participants pourront s'inscrire, que ce soit pour les compétitions sportives, ou en tant que bénévole. Le projet demande une forte implication de ceux qui se reconnaissent dans cet esprit de fête pour nous aider dans cette organisation. Par exemple, un défilé des Bagadoù (fanfares bretonnes traditionnelles) et des cercles celtiques ouvriront la course de 1000 coureurs le dimanche 3 juillet. 400 artistes vont donner le départ de cette course, ça sera un grand moment de fête, et pour ça on a besoin d'énormément de bénévoles.

On connaît les Bretons et leur goût à présenter des activités atypiques, est-ce que ça sera le cas pour ces Jeux ?

La particularité de cette fête, c'est aussi de voir des images auxquelles on ne s'attend pas, par exemple le lancer de bottes de paille. Voir cette épreuve dans le centre-ville de Nantes sera un peu emblématique. On n'a pas l'habitude de regarder des générations se succéder sur le Cours Saint-André, pour faire des lancers de bottes de paille. Sinon il y aura également du tir à la corde, mais c'est déjà plus courant. L'idée c'est aussi de miser sur le décalage, la surprise, l'autodérision.

Propos recueillis par Mathis LAUNAY