L’hydrogène vert est-il l’énergie de l’avenir ?

Le dernier rapport du GIEC datant de février 2022 a lancé un cri d’alarme quant à la crise climatique. Face aux dégâts déjà irrémédiables dans certaines régions du monde, des initiatives à l’échelle locale sont mises en place pour pallier cette catastrophe climatique, notamment avec le développement de l’hydrogène vert. Etat des lieux de l’utilisation de cette énergie décarbonée en Loire-Atlantique.

L’hydrogène vert est-il l’énergie de l’avenir ?

L’hydrogène vert, qu’est-ce que c’est ?

L’hydrogène renouvelable dit « vert » est fabriqué à partir d’un processus d’électrolyse qui permet de séparer l’hydrogène, un gaz, de l’eau. Pour le produire, il suffit donc d’énergies renouvelables, comme en fabriquent les éoliennes, et de l’eau. L’hydrogène vert sert ensuite aux industries comme les raffineries mais aussi aux véhicules tels que les bus ou les bateaux. Sa fabrication n'émet pas de gaz à effet de serre, ce qui en fait un vecteur clé de la transition énergétique. A la différence de l’hydrogène « non vert » qui nécessite 95% d’énergies fossiles, donc d'énergies polluantes. 

Des actions notables à l’échelle de la région nantaise

D’un point de vue local, des initiatives sont mises en œuvre pour créer l’hydrogène vert et pouvoir l’exploiter. L’ambitieuse start-up nantaise Lhyfe, basée à Bouin en Vendée produit et fournit de l'hydrogène vert. C’est la société la plus avancée au niveau européen. Elle produit cette énergie renouvelable dans des marais au pied des éoliennes. Cet hydrogène servira de carburant, pour des camions, des trains et même des avions. Un carburant garanti zéro émission de gaz à effet de serre ou de pollution. Lhyfe a investi 10 millions d’euros dans une première station de production d’hydrogène. La start-up avait pour projet de produire chaque jour 300 kilos d’hydrogène pour septembre 2021 et prévoit d’augmenter sa production jusqu’à une tonne par jour. On ne sait pas à l’heure actuelle si le projet a abouti. 

Dans les projets à venir, un partenariat entre Lhyfe et une société de développement offshore est prévu pour 2023. Ce serait donc la première éolienne flottante à intégrer un système de production d’hydrogène. 

La ville de Nantes se veut plus verte

La Cité des Ducs ne manque pas d’initiative pour rendre sa ville plus verte. Elle prévoit notamment pour 2026, un nouveau Bac à hydrogène pour franchir la Loire dans l'agglomération nantaise. Ce bateau plus grand et plus écologique va venir renforcer la flotte des bacs de Loire. Avec un coût prévisionnel de 16 millions d’euros, le nouveau navire disposera de 40 places pour permettre aux piétons de franchir le fleuve. Une motorisation et une propulsion à hydrogène qui promettent un taux zéro d’émission de CO2. 

Un manque de structure et de suivi pour ces projets qui peinent à aboutir

Des tests qui ne s'avèrent pas toujours concluants mais qui traduisent malgré tout la volonté de sortir du pétrole. Par exemple, le navibus de Nantes, le Jules Verne 2, propulsé à l’aide de 9 kilos l’hydrogène n’a pas repris son service depuis sa panne. Par ailleurs, le coût de production global de l’hydrogène fait de ce gaz un produit rare et donc coûteux à l’achat.

Globalement, un manque de communication et de structuration ressort de ces projets pourtant ambitieux et innovants. La filière hydrogène vert pourrait être une des solutions pour atténuer la crise climatique. Encore faut-il un suivi et un investissement de la part de tous les acteurs. 

Malgré tout, une stratégie nationale a été mise en place par le gouvernement

Dans le cadre du plan de relance du gouvernement, une enveloppe de 2 milliards d'euros est d'ores et déjà attribuée au développement de l'hydrogène décarboné. Au total, un financement de 7 milliards d'euros de soutien public est prévu jusqu'en 2030. L'objectif visé est aussi que ce plan d'investissement génère entre 50 000 et 150 000 emplois directs et indirects.

Agathe Mazelière & Margaux Michon